deux couteaux
Vincent Annen
Lauréat du Prix de poésie C. F. Ramuz 2025, deux couteaux de Vincent Annen explore en poésie, à travers la figure d’un père ouvrier, ce que le travail, la violence et la tendresse transmettent d’une génération à l’autre. Le jury a salué « le caractère inédit du sujet », « la tendresse qui court tout le recueil » et « le fin travail sur la langue, humble, sonore et visuelle ».
deux couteaux part d’une image d’enfant : papa a deux couteaux. L’un pour l’abattoir, l’autre pour les sous-bois. L’un tranche, l’autre cueille. L’un est ouvrier, il répète la violence du travail, tandis que l’autre accompagne les échappées en forêt avec la cueillette des champignons. Dans ce texte bref et saisissant, Vincent Annen approche la figure du père par fragments. Comme une parole d’enfant qui regarderait son père pour tenter de comprendre ce que le travail marque dans les corps, ce qu’il tait et ce qu’il transmet malgré lui. Peu à peu, derrière la lame, les formes discrètes de la tendresse apparaissent. Une manière de tenir bon, de nourrir les siens, de rester vivant dans un monde qui découpe.